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mardi 14 septembre 2010

Les 10 romans de la rentrée littéraire 2010

701. C’est le nombre de romans de la rentrée littéraire 2010. Un sommet encore jamais atteint pour un événement inimitable et que le monde entier scrute avec un étonnement chaque fois renouvelé. Mais quelle fièvre s’empare donc de ces curieux Français chaque année pour s’amuser à faire paraître, en l’espace de quelques jours seulement, plus de 700 romans ?! 701 romans, ça pourrait représenter les nouvelles parutions d’une année entière s’il sortait environ deux nouveaux livres chaque jour. Et en continuant à jouer encore un peu avec les nombres, on obtient même ces deux chiffres assez incroyables :


175 : en admettant qu’un Français lit en moyenne 4 livres par an (c’est peu mais c’est la réalité), c’est le nombre d’années qu’il faudrait pour parvenir à lire l’ensemble des 700 romans de la seule rentrée littéraire 2010 (on postulera qu’on peut se dispenser de la lecture du 701ème roman, à savoir le dernier Amélie Nothomb !). Et imaginez que cela se produit tous les ans ! Chaque année, il faut donc environ 175 ans au lecteur français moyen pour écumer les dizaines de milliers de pages courageusement écrites par nos prolixes auteurs nationaux ou internationaux.


20 : en considérant les dimensions moyennes d’un roman tout juste paru (20cm x 14cm : hypothèse qui vaut ce qu’elle vaut !)), c’est en m² la surface qu’occuperaient tous les romans de cette rentrée si on s’amusait à les étaler côte à côté sur le sol (je concède cependant qu’on puisse ne trouver aucun divertissement à ce genre d’activités !). C’est un peu donc comme si vous moquettiez l’intégralité de votre studio avec la totalité des romans de la rentrée (là encore j’ai bien quelques idées des livres que l’on pourrait plus volontiers réserver au placard à balais).


Alors dans cette grande marée littéraire, comment faire pour ne pas perdre complètement pied et se noyer avant même d’avoir osé ouvrir la première page ? C’est qu’évidemment, sur les 700 romans (on a définitivement perdu le dernier Nothomb, désolé pour les fans !), tous ne sont pas incontournables, et c’est là un doux euphémisme. Baudelire se propose donc de vous aider à sélectionner les dix romans qui semblent le plus digne d’attention (à défaut, qui sait, d’intérêts), recommandations absolument subjectives et partisanes, pleines d’a priori, mais n’est-ce pas là justement la règle du jeu… ?! Et puis, libre à moi de me déjuger dans les semaines ou les mois à venir au gré de mes différentes lectures… Et bien sûr libre à vous de réagir et de contester cette sélection éminemment personnelle que je vous propose…


Evidemment, comment ne pas évoquer tout d’abord celui dont tout le monde parle depuis une semaine et qui signe son grand retour avec La carte et le territoire, à savoir Michel Houellebecq. Ah, Houellebecq ! Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent, ceux qui crient au génie et ceux qui hurlent à l’imposture, ceux qui encensent le plus grand écrivain contemporain français et ceux qui dénoncent un pur produit marketing… Quoi qu’il en soit, il demeure l’auteur incontournable de cette rentrée, et pour avoir commencé les premières pages de son roman, moi qui suis un inconditionnel de la première heure, je ne peux que recommander à chacun de se faire sa propre opinion.


On ne perdra également pas une seconde pour se procurer le dernier roman de Laurent Gaudé, Ouragan. Vainqueur du prix Goncourt en 2004 avec le Soleil des Scorta, et deux ans après avoir signé son dernier roman, La porte des Enfers (à lire absolument également !), Gaudé propose là un roman qui nous plonge au cœur de la Nouvelle-Orléans et de l’une des pages les plus tristes de son récent passé : le passage de l’ouragan Katrina en 2005. Au fil de ses oeuvres, Gaudé s’impose véritablement comme l’un des très bons auteurs français, et il serait dommage de se priver du plaisir de sa lecture.


Philippe Claudel aborde lui un tout autre thème. Avec L’enquête, il se confronte en effet à un sujet d’actualité brûlant : les vagues de suicide dans certaines grandes entreprises. Un nouvel univers à explorer pour le grand auteur de l’ineffable qui avait marqué la rentrée littéraire il y a trois ans avec son magistral Rapport de Brodeck. Une référence plutôt sure, a priori


On pourra prendre également le risque calculé de se jeter dans le dernier Olivier Adam, Le cœur régulier, en espérant simplement que l’auteur de Je vais bien, ne t’en fais pas ait retrouvé le souffle prodigieux qui lui avait inspiré Falaises et non le début d’apoplexie qui lui avait dicté les bien moins bons A l’abri de rien et Des vents contraires.


On n’oubliera pas en outre de mentionner et de se faire sa propre opinion du dernier roman de Jean Echenoz, Des éclairs. Après avoir raconté la vie du musicien Ravel dans une œuvre éponyme, puis retracé l’histoire du coureur de fond, Emile Zatopek, dans Courir, Echenoz clôt un bien curieux triptyque en s’intéressant cette fois à Nikola Tesla, inventeur et ingénieur autrichien décédé en 1943…


On signalera également ce titre onirique d’un auteur révélé l’année dernière avec Zones (Prix du livre Inter 2009 – en général une valeur sure) : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard. Assurément l’un des jeunes auteurs à découvrir de cette rentrée 2010.


Au fil de ses différentes œuvres (La chambre des officiers ; La malédiction d’Edgar ; Une exécution ordinaire ; …), Marc Dugain s’impose lui aussi peu à peu comme l’un des grands auteurs de sa génération. Après s’être intéressé aux destins peu communs de personnages aussi troubles que Staline et Edgar Hoover, ancien patron du FBI, après nous avoir plongés dans l’enfer de la première Guerre-Mondiale, le dernier roman de Dugain, L’insomnie des étoiles, à cette fois pour cadre un petit village du sud-est de la France à la fin de l’année 1945. La découverte par une compagnie de militaires français d’une ferme isolée « habitée » par une étrange adolescente et un cadavre calciné suffit alors à faire ressurgir des mémoires les atrocités et les méandres douloureux d’une seconde Guerre-Mondiale finalement loin d’être achevée…


On suivra également avec attention La fortune de Sila, le dernier roman de Fabrice Humbert. Récent lauréat du premier Prix littéraire des Grandes Ecoles avec L’origine de la violence, celui-ci revient en cette rentrée avec un roman résolument moderne et dépeignant avec force nos sociétés contemporaines et mondialisées…


Enfin, côté étranger, on ne manquera évidemment pas la parution des derniers ouvrages de deux très grands auteurs aux styles pourtant bien différents : L’été de la vie de J.M Coetzee et Suites impériales de Bret Easton Ellis.


Pour résumer et essayer de prioriser, voici donc les 10 livres à ne pas manquer de cette rentrée 2010 :


1) La carte et le territoire de Michel Houellebecq

2) Ouragan de Laurent Gaudé

3) L’insomnie des étoiles de Marc Dugain

4) L’été de la vie de J.M Coetzee

5) La fortune de Sila de Fabrice Humbert

6) Des éclairs de Jean Echenoz

7) L’enquête de Philippe Claudel

8) Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard

9) Suites impériales de Bret Easton Ellis

10) Le cœur régulier de Olivier Adam


Et pour ceux qui voudraient jouer une carte plus novatrice et originale on signalera bien volontiers le dernier roman de Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme…Une très belle découverte, toujours a priori, mais l’on n’en dit pas plus…


Bonne rentrée à tous !

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour cette liste très claire et détaillée !