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mercredi 4 février 2009

Où on va, papa ? - Jean-Louis FOURNIER [7,5/10]

Prix Fémina 2008, Où on va, papa ? est le dernier roman de Jean-Louis Fournier, auteur relativement atypique dont l’humour grinçant et le cynisme ne sont évidemment pas sans rappeler un certain Pierre Desproges dont il fut l’un des proches complices. Où on va, papa ? est l’histoire d’un père, de la relation qu’il entretient et de la vie qu’il mène avec ses deux fils, tous deux handicapés mentaux… Sous forme de mini-chapitres qui sont autant de moments du quotidien que de réflexions personnelles de la part du père, Fournier mêle le cynisme à la tendresse, le sarcasme à l’amour pour décrire cette vie qui n’a épargné ni ces enfants ni ce père qui n’a d’autres choix que de faire face.
« - Comme Cyrano de Bergerac qui choisissait de se moquer lui-même de son nez, je me moque moi-même de mes enfants. C’est mon privilège de père.
- Mais tu n’as pas honte, Jean-Louis, toi, leur père, de te moquer de deux petits mioches qui ne peuvent même pas se défendre ?
- Non. Ca n’empêche pas les sentiments. »

Le style est très juste et évite les écueils tant d’une cruauté déplacée que d’une pitié larmoyante. On zone entre les deux, pris en tenaille entre sourire et émotion, mais on reste difficilement insensible à ce livre et à certaines réflexions teintées d’une triste vérité.
En résumé, un court roman, certes sans grande prétention, mais qui aborde un thème délicat avec une ambition très noble : celle de toucher par le rire là où bien souvent seules la pitié et la tristesse ont droit de résidence.

Note : 7,5/10

2 commentaires:

Armelle a dit…

Un très beau roman effectivement, le plus déroutant étant de se sentir 'gêné' de rire ou sourire étant donné le sujet.

Fleur du Mal a dit…

Je n'ai pas eu envie de rire ni de sourire.
C était juste poignant. Une belle revanche: ce père a offert à ses garcons, à ses "antivol" le plus beau des albums photos.
Le plus déroutant, c'est qu'à la lecture de ce bouquin, même si mes problèmes me semblent dérisoires, je ne fais pas la fière: ça m'attriste de me dire que j'ai cette chance de pouvoir relativiser, ce qui n'est pas le cas de l'auteur...